Gnu/Linux: une histoire de choix

Tout d’abord, je pense avoir vraiment trouvé ce que je cherchais dans le monde Gnu/linux. Je ne reviens pas sur mon parcours, la plupart des lecteurs de ce blog sont au courant. Le dernier mois a été source de cogitation pour ma part. J’ai abandonné Archlinux, j’ai tenté autre chose pour finalement me rendre compte que je n’ai pas besoin d’autres distributions que Slackware et Debian pour mon usage personnel. Du coup, je suis repassé en dual-boot et ai redimensionné ma partition :/DATA en lui rajoutant 32 Go supplémentaire d’espace libre (/ + /swap d’Archlinux)

Loin de moi l’idée de balancer le sempiternel  » Mes distros sont les meilleures, le reste, ça pue ». Non, ce serait malhonnête intellectuellement et l’enrichissement que j’ai tiré de mes expériences Linuxiennes est un plus non-négligeable. Le truc, c’est que les autres systèmes d’exploitation ne me conviennent pas.

Certains m’ont posé la question du  pourquoi s’être arrêté sur  .. :

Slackware?

Bonne question, j’ai mis énormément de temps à trouver une réponse à celle-ci. C’est une distribution que j’ai utilisé par intermittence pendant des années, avant de la fixer définitivement

1/ C’est ce qui se rapproche le plus de l’ Unix-Like à mes yeux. On y retrouve aussi la philosophie KISS, chère à Archlinux également. J’apprécie le fait de ne pas avoir d’outils graphiques pour configurer le système, je peux le faire par simples fichiers textes. Même si j’ai tâté du slapt-get (Gslapt, plus précisément, pour la gestion des paquets en mode graphique), je suis revenu aux outils basiques made in Slack et cela me va bien. Je préfère me servir de scripts ou configurer à la main, ce qui permet de comprendre ce que je fais, alors que des outils de configuration « user-friendly » ne m’apportent pas vraiment ce côté « contrôle absolu » que je recherche (ce qui est tout relatif, il m’est arrivé de me planter grave)

2/La stabilité est une condition essentielle aux yeux des utilisateurs de Slackware ( et surtout de ses développeurs) , au détriment de la fraîcheur. Je préfère un logiciel qui fonctionne avec robustesse qu’un logiciel qui aurait des défauts ou dont le but est de réinventer la roue. Alors même si j’utilise la version « Current », elle est bien plus stable et solide qu’une distribution « classique », aussi bien au niveau du système de base que des logiciels. Je n’hésite pas à la classer au niveau d’une Debian Stable de ce point de vue.

3/Le fonctionnement et la structure des logiciels inclus dans Slackware restent le plus proche possible de l’état dans lequel ils ont été publié. Je trouve que c’est une énorme marque de « respect » pour le travail fournit par ceux qui les ont développé. Et j’y suis sensible. Ce qui exclu de facto un développement intermédiaire ou des chiés de correctifs qui peuvent dénaturer le logiciel tel qu’il a été pensé.

4/ Une gestion des dépendances qui implique de mettre les mains dans le cambouis (spécialement dans le cas de l’installation de Slackbuilds). Déroutant dans les débuts puis on s’y fait.

5/ Le développeur principal de la distribution se fout de la popularité, ou du nombre de PC équipés, par son système d’exploitation et au final, il est le seul maître à bord. Slackware fait ce pour quoi elle est faite, chacun est maître de la construire comme il l’entend. La compréhension, l’apprentissage et la responsabilisation des utilisateurs sont mis en avant et je trouve que c’est une bonne chose Et si c’était cela la liberté?

6/ Une communauté bien cool pour ne pas gâcher les choses. Ce qui est de plus en plus rare dans les paniers de crabes actuels des distributions grand public, que je ne fréquente plus depuis des lustres.

 

-Debian?

Je ne vais pas en parler des heures. Parce que c’est Debian. Pour l’effort fait de fournir un système 100% Libre sans pénaliser ceux qui auraient besoin de logiciels propriétaires pour faire fonctionner leur système sur une machine nécessitant ces derniers, quid de la non-discrimination. Pour son contrat social. Pour sa version Unstable autant que sa version Stable.  Pour son côté  » je me tape la configuration en mode graphique ou pas », ce qui fait qu’elle convient autant à un débutant qu’à un curieux ou un utilisateur avancé. Parce que même si j’utilise la version Unstable (et qu’il m’arrive régulièrement de piocher dans le dépôt experimental), je n’ai jamais eu à faire à de gros problèmes mettant en péril la stabilité ou la cohérence du système d’exploitation et si un bug surgit, il ne met jamais bien longtemps avant d’être solutionné.

Pour résumer, ces 2 distributions correspondent parfaitement au Gnu/Linuxien que je suis et à l’idée que je me fais de l’informatique. Ce qui ne me donne en aucun cas le droit de juger (ou d’être jugé par) ceux qui ne peuvent pas les encadrer. Ce qui compte, c’est que l’outil que l’on utilise convienne à l’humain, dans toute sa diversité, qui se trouve derrière l’écran.

 

Pour répondre à l’autre question qui m’a été posé cette semaine( par une des personne que j’ai débarrassé de Microsoft et qui veux aller plus loin) pour la énième fois, j’ai une classification toute personnelle, et minimaliste, des systèmes indispensables au monde Gnu/Linux après ces années passées à triturer de la distro:

User-Friendly: ( en ne prenant en compte que de la simplicité d’installation et d’utilisation, la reconnaissance du matériel et la possibilité d’utilisation de logiciels non-libres. Des systèmes spécialement destinés aux migrants de la firme de Redmond )

Mint (Bien qu’il serait judicieux de faire un choix entre une base Debian ou une base Ubuntu), Mageia, Debian Stable (de préférence la DFLinux), Les « saveurs » d’Ubuntu (Xubuntu, Kubuntu, Ubuntu-MATE,etc…), Emmabuntus (basé sur Debian depuis peu) éventuellement une OpenSuse.

Je vois déjà venir le troll  » Et pourquoi pas Ubuntu? Parce que tu la détestes »

C’est plus simple que ça, regarde le merdier actuel dans lequel se trouve cette distribution (abandon de MIR et d’Unity) . Pas besoin d’en dire plus. Canonical a pensé pouvoir faire cavalier seul face à l’écosystème GNU/Linux (alors qu’intrinsèquement, sa distribution y est liée de la tête aux chevilles : un « bondage » en bonne et due forme. Que son PDG le veuille ou pas)  et concurrencer les OS proprio qui ont verrouillé le marché que cette entreprise visait. C’était perdu d’avance. Maintenant, il faut tout revoir.  Ce qui n’est pas spécialement rassurant pour ses utilisateurs (du moins, pour l’instant). A voir le résultat que donnera la version 18.04 de l’Ubuntu-Gnome vampirisée

L’autre paramètre est l’utilisation de tel ou tel bureau…

Mais on s’en fout, l’important est qu’il convienne à l’utilisation et l’idée que se fait l’utilisateur d’une interface graphique. On nous offre la possibilité de choisir, c’est une option que les utilisateurs des systèmes propriétaires n’ont pas le luxe de connaître. C’est un terrain sur lequel, malgré mes préférences, je ne m’engage pas. Mes goûts ne sont pas ceux des autres (surtout lorsqu’ils sont débutants) et c’est très bien comme cela.

Intermédiaires: (plutôt destinés aux débutants curieux ou à ceux qui ont déjà prit l’habitude de mettre les mains dans le cambouis et auxquels le terminal ne fait pas peur )

Fedora, Manjaro (qui à mon avis va devoir faire face à l’installateur ArchAnywhere pour Archlinux), PCLinuxOS,  Debian « Testing » ou « Unstable » éventuellement des trucs comme Frugalware, Slackel, etc…

Experts: (terme prétentieux, mais c’est la classification classique que l’on rencontre. On peut y inclure les systèmes geekesques , voir dans la partie exotiques)

Slackware, ArchLinux (l’originale) , Gentoo

100% Libre: (pour les puristes, et malgré les quelques extrémistes idéologiques qui squattent cette catégorie)

Debian (sans les dépôts contrib et non-free, par défaut donc) , Trisquel ou encore Parabola

Spécialisés:

Je considère que les distributions comme Ubuntu-Studio, Librazik, Scientific, Kali, Tails, SteamOS etc…  répondent à des besoins spécifiques (Multimédia, MAO sécurité, serveur, éducation, etc…). plutôt destinées aux utilisateurs qui savent ce qu’ils veulent. Et il en existe une bonne pelleté. (Perso, j’ai toujours mon système Kiss0s sur une clé USB qui traîne dans ma poche quand je me déplace)

Exotiques:

Void, 0linux (au point mort me semble-t-il), LFS

Des distributions geekesques dont le fonctionnement (et la construction originale) rend leur existence légitime. Elles impliquent une certaine compréhension du fonctionnement de GNU/Linux et une bonne dose de persévérance. Idéales pour approfondir.

Recyclage:

Des distributions telles Antix, Toutou Linux, Puppy, Lubuntu ,etc… permettant de faire revivre de vieilles machines plutôt que de les balancer dans un déchetterie où elles auront le loisir de polluer les sols via leurs composants soumis aux intempéries

 

Conclusion personnelle

Voilà pour la liste des systèmes que je considère comme incontournables. Ce n’est pas pour autant que les autres distributions n’ont pas le droit d’exister comme le voudraient certains. Même si j’admets bien volontiers que les distributions basées sur Ubuntu sont bien trop nombreuses et n’apportent au final pas grand chose au schmilblick. Plus généralement, je pense que la loi de l’évolution s’applique également à l’informatique et  a tendance à faire disparaître les distributions (et par extension, les logiciels) « inutiles », ce n’est qu’une question de temps. Faut laisser faire les choses, râler dans le vide après ces systèmes ne sert absolument à rien. S’ils existent, c’est qu’il y a des utilisateurs qui ont fait le choix de les utiliser (jusqu’au jour où ils trouvent mieux ou que la distro est abandonnée). Puis lorsqu’on prive les utilisateurs de Linux de la liberté de choix, on voit ce que cela donne (Guerre des init, plantage grossier des projets d’Ubuntu, guerre intra-communautaire, etc….) , puis ça part dans le fork compulsif (dispersion) et les invectives à tout va. Je dirais que c’est à ce niveau que ça pêche le plus, actuellement.

Voilà, je ne reviendrai pas sur le sujet, j’ai horreur d’avoir l’impression de me répéter. J’espère avoir cependant répondu aux questions (d’ailleurs merci à ces quelques personnes de me les avoir posé, ça m’a obligé à y réfléchir. C’est toujours bien de cogiter sur le pourquoi du comment)  qui m’ont été soumises en restant le plus compréhensible possible.

 

Ce billet a été rédigé avec pour fond sonore l’album « Duality » de « Die Form »

Bonne semaine.

Publicités

8 réponses à “Gnu/Linux: une histoire de choix

  1. Sacré article fleuve.

    Sur ton intro, les personnes qui disent que leur distribution est la meilleure et que le reste, c’est de l’excrément canin ne mérite justement pas plus d’intérêt que le dit excrément en voie de décomposition avancée sur un trottoir.

    Pour la Slackware, j’y ai aussi retrouvé la volonté dans Archlinux de ne pas rajouter une tétrachiée de correctifs qui finissent par mettre un bordel monstre.

    Il n’est pas impossible qu’un jour je revienne sur ma première distribution. Seul l’avenir le dira 🙂

    La communauté Slackware pour ce que j’en connais est à des lieux de ce qu’on peut voir ailleurs avec moins de zélotes qui font plus de mal que de bien à une distribution.

    Pour la Debian, elle est peut-être très bien, mais elle souffre de lourdeurs liées à son âge.

    Passons à la catégorisation que tu fais :

    1) les « conviviales » (alias user-friendly) : tu as eu la dent un peu dure pour Ubuntu (du moins la principale) même si ce n’est pas complètement faux 🙂

    La volonté de jouer cavalier seul de la part de Canonical a fini par se retourner contre eux. S’il y a une Ubuntu que je conseille, c’est la saveur Mate-Desktop.

    2) les « culs entre deux chaises » (alias intermédiaires) : je suis en désaccord concernant la concurrence entre Arch-Anywhere et Manjaro. Car Arch-Anywhere n’est qu’un installateur automatisé pour Archlinux. Rien de plus !

    La prendre pour autre chose serait une erreur d’appréciation.

    3) les « experts » ou plutôt « avancés » car elle se destine à des personnes ayant déjà bien roulé leur bosse dans le monde linux.

    4) les « idéologiques » alias « 100% libre ». Il faut rester réaliste, les seules réellement utilisables restant Debian GNU/Linux et Parabola GNU/Linux-libre. Le reste ? Des joujous pour geeks 😀

    5) les spécialisées ? Rien à rajouter.

    6) les « exotiques » ou plutôt atypiques : 0linux semble morte, le site ne répondant plus. Sinon, la Void Linux est très bien. Et quid de la NuTyX ici ? 🙂

    7) les écologiques : heureusement qu’elles sont là.

    Pour ce que j’appelle les DGLFI comme la tétrachiée au carré des dérivées d’Ubuntu ou encore les machins à la Arch Xferience, même si elles sont condamnées à court ou moyen terme, les mentionner comme ce qu’il ne faut pas faire, est-ce parler dans le vide.

    « Puis lorsqu’on prive les utilisateurs de Linux de la liberté de choix, on voit ce que cela donne (Guerre des init, plantage grossier des projets d’Ubuntu, guerre intra-communautaire, etc….) , puis ça part dans le fork compulsif (dispersion) et les invectives à tout va. Je dirais que c’est à ce niveau que ça pêche le plus, actuellement. »

    Privation de choix, vraiment ? Si on prend la guerre des inits, j’ai surtout l’impression qu’une partie du conflit est basée sur la haine qu’inspire Lennart Poettering et aussi Red Hat, le «  »Microsoft » » du monde Linux.

    Comme j’aime à le répéter – et comme le prouve le fork plus rageux que technologique qu’est Devuan – les systèmes d’init n’ont jamais été verrouillés, et que sysVinit a fait son temps, quoiqu’en disent les puristes. Il y a suffisamment de choix restants pour éviter de tomber dans l’invective. Du moins, je l’espère.

    • Désolé pour la Nutyx, je l’ai zappé puis jamais vraiment testé
      Pour ArchAnywhere, je ne sais pas trop. D’après ce que j’ai compris, c’était surtout l’installation d’Archlinux qui en rebutait plus d’un.. Le long terme nous dira si cet installateur va démocratiser l’installation de cette distribution ou pas
      Pour le système d’init, je pense que beaucoup l’ont perçu comme une privation de choix et donc une frustration.(d’après ce que j’ai pu lire depuis ces derniers mois). Du moins, c’est ce qui a retenu mon attention
      Pour les dérivées… En parler pour dénoncer l’inutilité, c’est bien. Mais ça n’a aucun effet sur les utilisateurs qui s’en servent et qui la conseilleront à d’autres qui à leur tour se feront leur propre opinion (en bien ou en mal)
      Au sujet de l’intro, y a des spécialistes, tu me l’accorderas. Surtout au niveau de certains fanboys de certaines distributions dites « User-friendly » 😀

  2. Rien à rajouter car c’est le type d’articles dont je parlais récemment. Si j’avais plus de temps, je pourrais aussi faire le même choix que toi car cette liberté de la Slackware me manque parfois.

    • Salut Iceman.
      Tu sais, finalement malgré le manque de temps qui m’impacte également, la Slackware n’est pas si chronophage que cela.
      J’avais lu ton billet( si c’est bien celui là) et je suis en accord total avec. La meilleur distribution est (sont) celle(s) qui nous convien(nen)t le mieux.

  3. Superbe comme billet. La meilleure distribution reste celle que l’on a adopté comme on dit. Je ne conseille jamais une distribution. Je peux juste introduire. Toute fois testés gentoo et Source Mage, ce serait enrichissant pour compléter ce billet. Un ancien me disait une fois ces mots: Si maîtrises Slackware et Debian, tu connais gnu/linux . Merci

    • Salut. Merci pour les fleurs… :p
      Tu dis « Je ne conseille jamais une distribution. Je peux juste introduire. »
      C’est ce que je fais.Pour l’instant, c’est toujours Mint qui gagne chez ceux qui veulent switcher de Microsoft à Linux
      Gentoo…. j’ai fait l’installation à une époque, mais l’attente pendant la compilation, c’est vraiment pas mon truc (et surtout, ca me bloquait mon PC pendant des heures lors de mises à jour). Source Mage, j’y ai déjà pensé, mais est elle encore vivante ou laissé à l’abandon…?
      Qiand à la maitrise de Slackware et Debian… Pas plus dur qu’autre chose, ca s’apprend (assez aisément même, c’est juste une histoire de temps a y consacrer)
      Merci à toi

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s